Eléments d'héraldique

Pour créer une armoirie, I'encodeur doit disposer des éléments indispensables suivants:

Un champ délimité par un périmètre dont la forme est indifférente. Le périmètre en forme d'écu est celui qui se rencontre le plus fréquemment, mais son emploi n'est pas impératif (il en va de même du drapeau, dont le périmètre est généralement rectangulaire mais peut très bien prendre n'importe quelle autre forme). Par ailleurs, le périmètre de la surface où s'inscrit I'armoirie peut sans difficulté constituer aussi le périmètre de cette armoirie. Cela est souvent le cas lorsque celle-ci est représentée sur une bannière, sur un vêtement ou sur la housse d'un cheval. Il y a alors confusion entre le champ de l'armoirie (élément indispensable) et cette surface d'inscription (élément facultatif puisque I'armoirie peut exister et fonctionner hors de tout support).

Une ou plusieurs figures, dont la nature, le nombre, la position, l'attitude, ou les dispositions à l'intérieur du champ constituent autant d'éléments signifiants. Ainsi, un lion vertical et un lion horizontal ne forment pas la même figure. De même qu'une fleur de Iis n'est pas une figure identique à trois fleurs de lis. Le répertoire des figures pouvant prendre place à l'intérieur de I'armoirie est théoriquement illimitée. Au Moyen Age, une soixantaine de figures sont d'un usage courant (pour un tiers, ce sont des animaux, pour un tiers, des figures géométriques résultant de la division du champ en un certain nombre de bandes ou de cases, et un tiers, des petites figures stylisées du type cercles, étoiles, croissants, losanges, annelets, etc.).

Deux ou plusieurs couleurs ou émaux associées à L'intérieur de I'armoirie selon une règle stricte. Le blason, n'utilise que six couleurs qu'il répartit en deux groupes: Dans le premier - les métaux , le blanc ( argent) et le jaune ( or ). Ceci vient probablement de la matière de recouvrement des premiers boucliers, et on en a conservé le nom. Dans le second - Les couleurs, le rouge (gueules), le bleu (azur), le noir (sable) et le vert (sinople). Enfin, des boucliers couverts de peaux de bête, l'heraldique a recueilli les fourrures. L'hermine, petite belette a la robe d'hivers blanche avec le bout de la queue noire. Le vair,écureuil de Russie a dos bleuâtre et ventre blanc

La règle d'emploi de des couleurs interdit de juxtaposer ou de superposer deux couleurs appartenant au même groupe. Prenons I'exemple d'une armoirie dont la figure est un lion. Si le champ est rouge, le lion placé sur ce champ pourra être jaune ou blanc, mais pas bleu, ni noir, ni vert; inversement, si le champ est blanc, le lion pourra être rouge, bleu, vert ou noir, mais pas jaune.

Si on reconnaissait de telles erreurs, il fallait s'enquérir du problème car il s'agissait soit d'une véritable erreur à corriger, soit d'une raison très importante pour les avoir créées. Le plus souvent un fait d'arme notable. De ce fait, de telles armes sont dites à enquerre. Des armes à l'enquerre les plus réputées sont celles du roi de Jérusalem, une croix d'or sur fond d'argent.

 

Voyons les éléments qui ne jouent aucun rôle dans l'organisation ou le fonctionnement de l'armoirie:

La forme du périmètre. La forme la plus simple sur laquelle furent apposés les symboles, est l'écu. Celui ci évoluera en fonction des tactiques guerrières et de l'évolution de la manière de combattre, des particularités nationales, et de l'apparition des jeux (tournois et joutes). Ceux-ci deviennent au fil des siècles plus petits, on en trouve avec échancrure pour laisser passer la lance de tournois.. Selon les pays et les âges, les formes des écus diffèrent dont sensiblement, jusqu'à la période baroque ou il pris des formes dérivées de l'architecture. Mais ils représentent toujours, dans une symbolique de forme, le Coeur.

Les dimensions de I'armoirie; la taille et les proportions des figures qui y prennent place. Les fleurs de lis du drapeau royal français peuvent être grandes ou petites mais il faut qu'elle reste lisible. 

Le style du dessin. Selon les époques et les régions, au grés des hérauts et des artistes, la même armoirie peut être représentée de façon très différente. Cela n'a aucune importance ni aucune signification. C'est toujours la même armoirie, même si plastiquement elle semble différente.

La nuance des couleurs. Les six couleurs héraldiques, sont des couleurs abstraites, que I'artiste est libre de traduire comme il I'entend. Le gueules des armoiries d'Angleterre, par exemple, peut ainsi être rouge, rose, vermillon, grenat, framboise, carmin, cerise, etc.; cela n'est en rien d'aberrant. C'est un rouge conceptuel, hors de toute nuance. Même chose du côté des drapeaux. La Constitution française ni aucun texte réglementaire ne définissent le bleu du drapeau français. II peut être bleu ciel, bleu marine, bleu roi, outremer et même violacé, cela n'a aucune importance ni aucune signification. Au reste, exposé aux intempéries, ce bleu évolue chimiquement et chromatiquement sans que le sens de ce drapeau ne soit en rien transformé.


Origine de l'héraldique -

Partitions et pièces honorables - Modifications extérieures des pièces et des partitions - Croix et meubles - Lexique


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